Classer, dater

Classer

Chaque collectionneur adopte évidemment un classement qui lui est propre en fonction de ses goûts ou de l’usage qu’il veut faire de sa collection.

Le premier classement qui vient à l’esprit est le classement thématique: personnages représentés, eucharistie, Sacré-Coeur, images allégoriques.....Les images d’un thème très particulier comme celui des images mortuaires (les RIP - requiescant in pace - comme les qualifient nos amis belges) sont généralement classées à part.

On pourra aussi faire un classement en fonction du type de fabrication des images, par exemple: les images populaires anciennes, les images en dentelle, les taille douce, les images sur gélatine (« rhodoïd »), les chromolithographies et les images « tout-venant ».

On classera évidemment à part les images de Germaine Bourret  qui se distinguent évidemment plus par leur auteur que par le thème abordé. Ne parlons pas des canivets ou des images d'Anvers qui, en raison de leur rareté, feront nécessairement l’objet d’un classement particulier joint à de grandes précautions de conservation.

Le critère pourra également être celui de l’origine de l’image. Les images allemandes ou autrichiennes par exemple sont, on l’a vu, d’un style particulier et sont souvent consacrées à des thèmes (les souvenirs de pèlerinage) que l’on voudra peut-être souligner.

On pourra distinguer les images en fonction de leurs graveurs ou de leurs éditeurs. Les maisons Bouasse et la maison Letaille méritent à elles seules qu’on leur consacre une collection ou une partie identifiée d’une collection.

La combinaison de ces critères est évidemment tout-à-fait possible. La démarche est alors souvent la suivante: on commence, lorsque les images le permettent, par l’identification du graveur pour les images anciennes (mais le nombre d’images de ce type détenu est forcément faible, le travail de tri est donc dans ce cas presque une hypothèse d’école) ou de l’éditeur. Dans ce dernier cas, on trouve souvent sur les images la référence de la « planche» dont elles sont issues en notant cependant que, pour un même éditeur, un numéro peut parfois désigner une série de modèles voisins ou même parfois désigner des modèles différents. C’est là pourtant le moyen le plus sûr de classer ses images si l’on veut éviter les « doubles »

 

dater

Le collectionneur devra se servir d’indices qui permettent de dire que telle ou telle image date d’une certaine époque. Pour les Les gravures anciennes (16-18ème s.), l’indice essentiel est l’identification du graveur et, connaissant la période où il a vécu ou exercé son activité, on peut dater la réalisation d’une image revêtue de sa signature.

La nature du support sera parfois un élément fort utile: papier vergé, papier vélin, parchemin, gélatine (v.Techniques de production ), sachant la période (plus ou moins précise) de son utilisation.

La connaissance de la date de certains évènements indiqués ou suggérés par les images permettra aussi parfois de les dater. Ainsi l’évocation du Concile Vatican I permettra de savoir que l’image date d’après 1870. La qualification donnée à un personnage représenté : «Bienheureux(se) » ou «Saint(e) », la connaissance des dates de béatification ou de canonisation (ou même l’absence d’un de ces qualificatifs comme dans le cas du Curé d’Ars, vénéré avant même sa béatification en 1905 et, a fortiori, sa canonisation en 1925) permettront aussi de situer l'image dans le temps.

 Pour les images évoquées dans la page L'époque intermédiaire (fin 18ème, première moitié du 19ème s.) assez souvent et presque systématiquement pour celles évoquées dans la page La grande époque française (1850-1914), l’indication de l’éditeur figure soit au recto, soit au verso (soit parfois les deux à la fois). Cela peut nous donner de précieuses indications sur l’ancienneté de la production d’une image si l'on connait les dates d'activité et les adresses successives des éditeurs concernés.

Le n° de la planche d'imprimerie permettra même parfois de situer l'année précise de production de telle ou telle gravure.

Bien entendu, un des moyens privilégiés et le plus sûr est celui que fournissent les indications manuscrites ou (pour certaines chromolithographies) imprimées au verso des images qui rappellent la date du don de l’image ou celle de l’évènement que l’on veut ainsi célébrer. Il faut cependant considérer cette date avec précaution. On peut en effet constater que certaines images peuvent être de réalisation très antérieure à leur date d’utilisation.

Le collectionneur averti disposera donc de beaucoup d'éléments pour lui permettre de situer l'objet dans le temps, ce qui est évidemment essentiel lorsque l'on constitue une telle collection. Tous les détails pourront être trouvés dans dans l'ouvrage déjà signalé (v. Un ouvrage pour vous: "Petite histoire des images pieuses" par Jean-Pierre Doussin).

            

 

Commentaires (1)

1. marie christine marcon 15/07/2016

magnifique !!! trés interessant !! bravo a tous les deux
bonne continuation

marie

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