Les gravures anciennes (16-18ème s.)

La date de création des premières images pieuses est généralement située au 14 ou 15ème siècle mais les premières images éditées en séries importantes datent du 16ème avec la montée en puissance des graveurs anversois qui dominaient le monde. Il est vrai que les graveurs de cette époque étaient de véritables artistes travaillant souvent en association avec les grands peintres  (Dürer, Cranach, Bruegel l'ancien, Bosch...). La gravure a d'abord été faite en taille d'épargne, sur bois puis en taille douce au burin sur cuivre ( v. la page Techniques de production). A cette époque, les gravures comportaient la signature du graveur (qui en était en même temps l'éditeur). Les historiens citent le chiffre de plus de 170 graveurs à Anvers regroupés dans la fameuse Guilde de St Luc, corporation regroupant les professions artistiques en Flandres, dans les Pays rhénans et en France.

A peu près à la même époque, on trouve des graveurs en Bavière, essentiellement à Augsburg.

Des graveurs de renom existent aussi en France dans la filiation des graveurs anversois, en particulier à Paris où ils s'installent presque tous dans le quartier de la rue Montorgueil avant d'émigrer dans le quartier de la rue St Jacques où ils resteront jusque vers les années 1850 . Ils utilisent les mêmes techniques et s'inspirent des mêmes dessins.

La volonté, notamment sous l'action des Jésuites, de reconquérir le terrain perdu par la religion catholique aux 16ème et 17ème siècles, est alors à l'origine d'un commerce d'images de plus en plus florissant.

 

 

           

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Image d'Anvers sur parchemin: Cornelius (ou Cornélis) Galle (1576-1650) est sans doute le plus connu de la lignée. Il est appelé Cornelius Galle l’Ancien, son fils, graveur également, sous celui de Cornelius le Jeune (1615-1682). L’oeuvre de Cornelius Galle est marquée par de grands peintres dont il s’inspire : Rubens, Raphaël, Le Titien, Carracci…Il est le fils de Philippe Galle, l’ancêtre (1537-1612), qui avait appris son métier auprès de Jérôme (Hieronymus) Cock (Kock) (1510-1570) qui fut sans doute le plus grand graveur d’estampes religieuses de son époque. D’une famille de peintres et peintre lui-même, Cock  réalise des gravures de sa propre création mais aussi sur des dessins de Bruegel l’Ancien ou de Hieronymus Bosch, c’est dire la qualité et la reconnaissance de son travail.

Image d'Anvers sur parchemin: La famille Huberti est elle-même très connue. François Huberti est à l’origine, vers 1650, d’une évolution intéressante en réduisant sur les images la place des personnages au bénéfice d’un texte et oriente son dessin vers des images plus frustes dans les traits, plus violentes dans les couleurs : c’est le début des images dites « populaires ».

 

Image d'Anvers sur parchemin: Louis-Joseph Fruytiers (1713 - 1782) fut un graveur sur cuivre et marchand d'estampes de très grande qualité

Tous ces graveurs étaient des personnages reconnus. Ils faisaient tous partie, bien sûr, de la  Guilde de St Luc évoquée plus haut,. La guilde d’Anvers fut la plus célèbre et la plus puissante d’entre elles. Fruytiers  en fut  élu doyen en 1753.

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Image d'Augsbourg : éditeur C Klauber (18ème)

Image d'Augsbourg: éditeur I. Busch (18ème)

image française, éditeur Mariette qui faite partie des éditeurs les plus célèbre de cette époque avec les Regnesson, Callot, Cochin, Moncornet, Messager. La famille Mariette est installée  rue St Jacques, le plus célèbre est Pierre Jean (1694 – 1774) qui fut en son temps un des connaisseurs les plus appréciés de l’art de la gravure. A la mort du fondateur de la dynastie, en 1657, on dénombre dans l’inventaire plus de 100 000 petites images pieuses.

 

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très belle gravure française, graveur: Nicolas Regnesson (1620-1670)

 image française dite de colporteur, rehaussée de couleurs au pochoir (anonyme18ème siècle). Les colporteurs étaient ces commerçants ambulants qui proposaient  aux habitants des campagnes divers objets à usage domestique. Ils ont joué ( jusqu'au 19ème siècle) un rôle important dans la propagation des idées religieuses à travers la diffusion d'images pieuses et autres objets de piété.

 petites images de colporteur appelées "mignonnettes". Certaines de ces petites images étaient des "images à avaler", la croyance populaire donnant à l'ingestion de ces gravures des propriétés religieuses réputées d'une grande efficacité !

Rappelons aussi que c'est aux 17 et 18èmes siècles que furent également produits les canivets dont l'étude a été faite dans les pages "techniques de production". En voici encore quelques exemplaires de la zone allemande:

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Commentaires (3)

1. jean-pierrre (site web) 14/09/2016

Même si les petites estampes religieuses se sont surtout développées au 17ème s., leur production avait déjà largement commencé au 16ème, avec l’encouragement des Jésuites dans leur mission de contre réforme. On note déjà, dans certains inventaires successoraux de graveurs la présence de milliers de petites gravures populaires. Les graveurs sont principalement regroupés autour de la ville d’Anvers : ce sont « les images anversoises». Les plus importants d’entre eux travaillent avec les grands peintres de l’époque. Il est donc tout à fait possible et vraisemblable que St François Xavier ait disposé, pour sa mission évangélisatrice, de telles gravures devenues populaires (gravures sur bois ou sur cuivre, souvent rehaussées de couleurs) mais je ne puis vous en dire plus, l’angle d’attaque de mes propres recherches étant plus celui des graveurs et de leurs centres d’intérêts que de l’usage particulier qui pouvait être fait de leur production. Si cela vous intéresse, je puis vous donner les coordonnées de deux ou trois personnes ayant fait des recherches de type universitaire dans notre domaine et qui serait sans doute disposées à vous aider si elles en ont la possibilité. Répondez moi à mon adresse eMail : jp.doussin@gmail.com.

2. pascal Griolet 03/09/2016

Bonjour,
Je suis professeur de langue et civilisation japonaises et fais des recherches sur Saint François Xavier au Japon. Il fait à son arrivée don d'une image à la femme du seigneur de la région où il se trouve. Je suppose que cette image ne devait pas être une peinture mais plutôt une image pieuse, imprimée, que le missionnaire avait pu apporter avec lui. Mais je ne dispose d'aucune source d'information sur la diffusion en Asie par la compagnie de Jésus d'images imprimées. Auriez-vous quelque piste de recherche à m'indiquer.
Merci
Pscl

3. pascal Griolet 03/09/2016

Bonjour,
Je suis professeur de langue et civilisation japonaises et fais des recherches sur Saint François Xavier au Japon. Il fait à son arrivée don d'une image à la femme du seigneur de la région où il se trouve. Je suppose que cette image ne devait pas être une peinture mais plutôt une image pieuse, imprimée, que le missionnaire avait pu apporter avec lui. Mais je ne dispose d'aucune source d'information sur la diffusion en Asie par la compagnie de Jésus d'images imprimées. Auriez-vous quelque piste de recherche à m'indiquer.
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